La boîte à musique

La boîte à musique
Ce texte ne s'adresse à personne, il est une pure invention, même s'il est écrit à la deuxième personne.

Je ne peux plus te voir.
Trouve moi drôle, ris de moi, si tu veux. Mais ne me fais plus de ces reproches insidieux qui rendent fou. Toujours tu geins, tu râles, tu engueules, et après tu dis que non, ce n'est pas grave, et tu te rétractes sans tenter d'arranger quoi que ce soit. Mais pour autant tu ne cesses pas tes pensées négatives, tu les rends juste silencieuses, mais elles continuent à flotter dans l'air, à le polluer, sans échappatoire.
Pendant ce mois que j'ai passé sans te voir, tu ne m'as pas manquée. Maintenant que je suis revenue, je ressens toute ta présence, toute cette noirceur, cette tristesse qui racle l'esprit sans qu'on s'en rende compte tant elle est douce et enfantine, comme toi.

Tu viens te plaindre de lui auprès de moi. Ou alors tu monologues, sachant que j'entends, tu déverses ta bile comme on agiterait du poison sous mon nez, mais en le retirant dès que je fais mine d'y goûter ou de remarquer sa présence.
Tu me dis qu'il a fait ceci, qu'il a fait cela, mais il est toujours comme ça, et tu as ce petit rire amer qui me fait comme une crampe qui démangerait, dans la nuque. Ce rire flûté de petite fille vieille et aigrie.
Des fois ça me donne envie de, je ne sais pas, te secouer, me cogner la tête contre un mur, faire quelque chose pour évacuer cet espèce de sentiment lancinant comme une berceuse naïve, cette colère qui ne sait pas son nom parce que tu te la caches à toi-même.
Je te dis d'aller lui dire ce que tu penses de lui, mais tu me dis que ah non, il va t'engueuler. Comme une gamine. Et après tu boudes, parce que je t'ai renvoyé dans tes buts, parce que j'en avais marre de t'écouter te plaindre. Après, tu ne dis plus rien, tu ressasses tout ça, j'imagine.

J'ai envie de hurler, mais je ne peux pas parce que tu as cette voix cristalline, et parce que parfois tu me demandes « Tu crois ? », timidement, et tu me fais confiance, et je t'habille comme une poupée et j'ai envie de te protéger.
Combien de fois après une conversation orageuse tu as fait comme si de rien n'était, tu laisses les choses pourrir de l'intérieur, si bien que je ne sais pas si ce que je ressens est vrai, je tâtonne les ulcères de la frustration, mais ils échappent à mes mains, liquides et évanescents comme l'eau. Contrairement à toi, je n'arrive pas à enfouir, ou alors, pas suffisamment bien, alors je ne sais plus, je ne sais pas, et j'écoute Nirvana pour trouver un écho à ce vide.
Bien sûr par moments tu éclates. Tu hurles, tu me vrilles les tympans et l'instant d'après tu me parles du dernier roman que tu as bien aimé.

# Posté le samedi 21 novembre 2009 01:18

Le lit de plomb

Le lit de plomb

C'est comme si l'on me coulait une sorte de béton réconfortant dans le corps.
Ma tête pèse des tonnes quand je veux la tourner, et quand je le fais ça tourne un peu plus qu'à l'habitude. Mais c'est très agréable. Quand je me sens toute électrique, avec les émotions qui grésillent, à fleur de peau, comme un pull duveteux tout déchiré, ça me stabilise. Je retrouve une certaine sérénité, je cesse momentanément d'être un tas ambulant de pensées confuses. Je suis immobile, aussi solide et impossible à déplacer qu'un roc. Je m'enfonce dans un lit de plomb, dans des draps blancs et sales de fumée.
Enfin, ça s'était la version masturbation intellectuelle. En VO, ça donne : Je me grille une clope.

Yueyue a pris une vidéo de moi en train de fumer, et je ne me suis pas reconnue. Je paraissais si détendue, relaxée, comme sûre de moi, ce qui me rend masculine d'après elle. J'avais l'impression de regarder une étrangère, comme quand je regarde les photos de quand j'étais petite. C'était si différent de ce que je ressens au fond, où c'est toujours tendu, stressé, angoissé, incertain.

Je trouve que Yueyue est vraiment très sexy quand elle fume. (Euh, pour éviter toute ambiguïté, c'est ma cousine.) J'aurai dû prendre une photo, tiens. D'habitude, elle est très masculine, très ouverte et exubérante, comme si elle avait une personnalité primaire typique, mais ce n'est qu'une apparence.
Quand on apprend à la connaître, on se rend compte de sa sensibilité, et en même temps de sa capacité à comprendre les choses tristes et noires sans s'y laisser entraîner. (Ce que je suis incapable de faire.)
Elle est capable de restée tournée vers le positif, la tête sur les épaules. (Je ne sais pas où est ma tête, moi.) Bref, j'envie un peu sa sérénité océanique.
Donc, quand elle fume, on voit cette part d'elle : sensible, féminine, méditative. Derrière sa masculinité, ses muscles forts et ronds, sa peau bronzée, son sourire blanc de basketteur, se dessinent un regard plein d'une douceur féminine, des pieds qui prennent une courbure élégante et fragile.
Elle s'adosse au lit, les jambes dépliées, les mains croisées sur le ventre et elle fume avec classe, en me faisant penser aux pin-ups des années 50 avec leurs porte-cigares rouges, et son mélange d'extérieur rugueux et de sérénité féminine est absolument séduisant.

PS : Non je ne suis pas accro. Juste une de temps à autre.
PPS : Bien sûr, pour l'absolue lyricité du texte, je ne parle pas des yeux qui piquent, du nez qui coule, de l'haleine de chacal, du mal au ventre et du mal de tête qui accompagne parfois le clopage.

# Posté le samedi 26 septembre 2009 09:49

Modifié le samedi 21 novembre 2009 01:01

J'ai rencontré des vaches mongoles et des types de Qingdao endormis. Leur point commun ? Ils sont zen. La preuve en images quand j'ai le temps.

J’ai rencontré des vaches mongoles et des types de Qingdao endormis. Leur point commun ? Ils sont zen. La preuve en images quand j’ai le temps.

Je m'excuse à l'avance, je ne vais pas pouvoir passer beaucoup de temps sur l'ordi cette année because le BAC... Désolée pour toutes les réponses à faire que j'accumule, aussi... Si cependant je parviens à me bouger un peu je devrai poster le menu récit de mon voyage d'août, plus la somme de trucs à écrire que j'ai toujours en gestation.

Pour le moment il faut vous contenter de la jolie photo made in moi les amis parce que présentement je me pose beaucoup de questions existentielles comme « Qui suis-je ? ». Philo exige. Ma réponse pour le moment est, intuitivement : une endive. Ne cherchez pas, y'a rien de drôle.
Bref, à dans quelques jours, mois, années, qui sait ce que la philo va faire de moi...

# Posté le mardi 08 septembre 2009 07:30

graine de citrouille

graine de citrouille

La froideur de la couchette trop blanche, trop propre, exhale une lumière clinique, dans la quiétude des cloisons du compartiment, minces et sans couleur.
Tordue par la douce conversation d'acier du train, la lumière transpire de fantômes lisses comme le reflet du verre, souriants comme l'eau qui miroite au soleil.
L'acier et le blanc ricochent dans les recoins du soleil : De l'autre côté du miroir, j'ai pu voir le reflet de mon vampire.
Il me sourit, plein d'une langueur bienveillante, nonchalamment allongé sur la couchette d'en face, un coude sous son visage brillant, en graine de citrouille gorgée de soleil.
Puis il s'efface doucement, comme la buée sous le lustre de la pluie.
Juste un écho, réconfortant comme une coccinelle qui s'envole contre un ciel bleu.
Grâce à lui, je voyage un peu plus longtemps, son sourire tirant mes pommettes comme mon regard tire l'espace derrière la vitre froide.

# Posté le mardi 08 septembre 2009 06:27

Mes ô combien rocambolesques aventures...

Je suis retombée sur un article que j'avais pondu après toutes les péripéties que j'avais enduré pour aller au concert de Yann Tiersen... Bon, c'est super long, alors je mets que quelques extraits choisis.
(Et c'est du vécu. Sisi, jvous jure.)

Conversation téléphonique avec un type de l'agence qui vend les tickets. Entreprise tellement organisée que t'as l'impression d'être dans caméra cachée et que les mecs font tout pour te rendre dingue.

« Je suis désolé, vous aurez les billets demain. », me dit-il. Mais je les ai déjà, mon vieux, t'as un train de retard, là et surtout t'as de la chance que j'ai passé les maths sinon je t'aurai bouffé tout cru.
Je réponds donc, d'une voix aimable:
- I already have them.
- You already have them?
- I already have them.
-You already have them?
-Yes.
- ... You already have them?!
- YES I DO!
Enfin bref, il comprend les choses avec sa rapidité habituelle.
- So, I'm going to check, and I'll call you back when-
- DON'T YOU EVER CALL ME BACK! (Ouais, j'ai le flair dramatique.)
- ... Hum... Okay...


Conversation avec le chauffeur de taxi que j'ai pris pour allez au dit concert, après avoir ENFIN obtenu les billets bénis.

- Allez au Grand Théâtre.
- Ah nan mais vous allez pas être à l'heure !
- Vous êtes sûr ?
- Oui, à cause des embouteillages.
- Bon ben, allez à la station de métro la plus proche.
- Mais y'en a pas.
- Non mais la plus proche !
- Y'en a pas.
- VOUS ALLEZ PAS ME DIRE QUE Y'A PAS DE STATION DE METRO A SHANGHAI ?
- Ah, ok ! Mais laquelle ?
- *gros soupir*


Voilà voilà. Peut-être que c'est juste une impression, mais des fois ma vie ressemble vraiment à un mauvais sketch. Mais je vais pas m'en plaindre, c'est assorti à mon humour moisi tout compte fait.

# Posté le mardi 08 septembre 2009 06:20

Modifié le samedi 21 novembre 2009 01:09